De quoi Cicéron est-il le nom?

Amis des Classiques, à chacun son Cicéron!

Comme pour le nez de Cléopâtre, sans un pois chiche au bout du nez, la face de l’humanité en général et des humanités en particulier eût été changée.

Monstre sacré de la latinité,  Cicéron a beau être le « classique par excellence » selon Irénée Marrou, il nous surprend toujours. Le petit homme suscite les grandes passions et, entre lui et nous, c’est toujours une histoire d’amour, ou de haine : quel latiniste n’a pas au moins une fois détesté Cicéron ? Même le sage Mommsen dans son illustre Histoire Romaine voit en lui un « avocat à tout faire, parvenu gonflé d'orgueil, nageur entre deux eaux, girouette politique ». Plat de résistance avant d’être un régal, l’œuvre de Cicéron, inépuisable, immense, nous lance un défi permanent :  qui la connaît ? qui l’a lue en son entier et la possède sur le bout des doigts ? Cicéron est le point d’entrée des humanités, les fourches caudines de l’apprentissage du latin à lui tout seul.

Les lauréats du Concours Cicéron, Opaline, Laure, Louise et Octave nous racontent comment ils s’y sont frottés.

Mais la postérité de Cicéron va bien au-delà du cercle des latinistes. Le spectre de Cicéron est partout, sous des formes parfois inattendues. Mort il y a 2060 ans, il nous surprend encore : à chaque élection, il donne des conseils aux politiques. Quels que soient l’actualité et le contexte, il a toujours quelque chose à dire.  Il s’est confronté à philosophie, aux sciences, à la religion, aux mathématiques et même à l’humour: si c’est rond, c’est point carré, ou Poincaré.

Il a tourné pour Hollywood, il a joué son propre rôle dans la série « Rome », il s’est même essayé à la science-fiction et l’image de synthèse en se faisant répliquant sur YouTube, il chante dans une comédie musicale, donne son nom a plusieurs hôte de charme en France et à une ville d’Illinois.

Dans la langue, il  laisse un caractère d’imprimerie ainsi que les accents tironiens, Dans la littérature française, il a appris l’italien pour guider Chateaubriand en devenant son cicerone et l’argot pour traîner dans le métro avec Zazie. Il a flirté avec l’anglais pour inspirer des vers d’amour à Carolus Ludovicus (alias Lewis Caroll).

Our Latin books, in motley row, Invite us to our task Gay Horace, stately Cicero: Yet there’s one verb, when once we know, No higher skill we ask: This ranks all other lore above We’ve learned “’Amare’ means ‘to love’!”

So, hour by hour, from flower to flower, We sip the sweets of Life:

Till, all too soon, the clouds arise, And flaming cheeks and flashing eyes Proclaim the dawn of strife: With half a smile and half a sigh, Amare! Bitter One!” we cry.

Last night we owned, with looks forlorn, Too well the scholar knows There is no rose without a thorn”-

But peace is made! We sing, this morn, No thorn without a rose!” Our Latin lesson is complete:We’ve learned that Love is Bitter Sweet!

Lesson in Latin, May 1888.

Amis des Classiques, à chacun son Cicéron, in extenso ou en morceaux, en VF ou en VO !