Le Latin au Parc — Carnet de Voyage 2

 

Jour 5 : Épidaure

 

Nous sommes au 107e jour de l’an de grâce 2015, il est exactement 8h35 lorsque, enfin, un illustre autocar démarre, et avec lui une illustre communauté d’amateurs de Lettres classiques, civilisations anciennes et autres « vieilles pierres ».

Une longue journée s’annonce. Mais la presque savante communauté en question, dont les khâgneux genoux tremblent sous l’effet de la fatigue traîtresse, est revigorée par la contemplation de cinq nouvelles merveilles. Quelles sont-elles, demanderez-vous ? Voici.

 

C’est avec autant d’avidité que d’émerveillement que la communauté s’extasie devant le paysage du Péloponnèse. Communauté, où mer de visages semblable, cela va sans dire, à celle se nichant dans le golfe de l’Argolide et dont l’infinité de sourires scintille sous le regard bienveillant du soleil matinal. Le car s’éveille. Mer claire et limpide, asphodèles parsemant les flancs des montagnes et chèvres se régalant des unes en parcourant les autres, on a de quoi s'enthousiasmer et s’identifier.

 

Le théâtre d’Épidaure apparaît sous les yeux ébahis de la communauté. Théâtre de pierres, ton nombre est d’or, ta structure est harmonie et ta beauté nous unit. Ô Polyclète, ami sculpteur, si tu es bien Le Jeune, alors il est vrai, qu’aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années. C’est ainsi que le lyrisme légendaire de l’hypokhâgneux enthousiaste s’exprime, et que dans le théâtre résonnent d’hellénistiques déclamations, en vers et contre tout. Ou plutôt, envers et contre la règle du haut lieu antique ; tu ne te produiras pas. En revanche, tu exécuteras des cercles au cœur de l’orchestra sacré dans une longue litanie de mains clapotantes.

 

Après refoulement malvenu d’une représentation bienvenue, on se réfugie dans les trépidantes ruines du ruine sanctuaire d’Asclépios. La communauté rêve de s’allonger au pied de l’incubatique portique pour recevoir une visite du maître des lieux, avec vénération. Mais l’heure est à la recherche de son temple. Point de visite divine, donc, mais point de temple non plus, finalement. En revanche, une sublime tholos à l’esthétique aussi remarquable que le goût vestimentaire très sûr de la communauté hellénico-latinistique. On se demande si le sage Asclépios serait enclin, dans sa grande magnanimité, à envoyer en songe à ses fidèles admirateurs un signe pour leur indiquer la voie vers le remède à l’anticonformisme.

 

Puis la communauté amatrice de belles lettres remonte le temps. Langues anciennes ou ruines non moins anciennes se côtoient à Mycènes. On franchit une porte royalement gardée par des lions affrontés et l’on pénètre dans la cité d’Agamemnon, le seul, l’unique. Nul besoin de revêtir le masque d’or du puissant roi mycénien, heureusement, pour parcourir le dédale des remparts de la cité. Ah ! Culture antique qui aura tant inspiré les moins spirituelles des civilisations aux grandes aspirations, tu nous inspires lorsque l’air que l’on respire au sein des spires de ta forteresse loin d’avoir expiré.

 

Et comme chaque journée peut s’apparenter à une minuscule vie en elle-même, ce 107e jour se clôt par un voyage vers les Enfers. La communauté plonge dans l’obscurité d’un long tunnel, où elle ne rencontre point Charon voguant sur son Styx, mais une réserve d’eau non moins impressionnante que ces derniers, à n’en point douter. Les intrépides explorateurs sans frontières tentent de se rapprocher de l’eau-delà en s’aventurant dans le Trésor d’Atrée, mais la tombe à tholos, elle-même gardée par de bourdonnantes abeilles, les voit s’en retourner sans demander leur reste.

 

C’est la fin d’une journée, mais l’épopée n’est pas terminée.

 

Emma , TS733

 

Épidaure 

 

 

 

Jour 6 : Mycènes et Misthra

De bon matin, parti pour les montagnes, le troupeau d’hypos, tel des brebis égarées près des routes, finit dans un vaste pré très favorable au broutage (culturel, évidemment ).

 

Aventurier, celui-ci ne craignit pas de se dandiner dans les hautes herbes derrière lesquelles, cachées et fondues dans les montagnes, de magnifiques bâtisses rocailleuses s’offrirent à lui, dédiées à la fin originelle : la sagesse. Accablé par ce dieu si cher à ses yeux mais tout aussi sévère envers sa caboche en ruine, il comprit que celle-ci ne serait pas si facile à acquérir. Heureusement et chemin faisant, ses efforts furent récompensés. En effet, plonger dans cette Adriatique, malgré sa fraîcheur insoupçonnée, apparut plus aisé à surmonter, puisque guidé par notre mestre. Hélios attendri lui permit de se dorer la pilule. Sa quête intellectuelle se poursuivit après ce repas inespéré mais bien mérité, par l’outrepassement de ses barrières qui ne les empêcheront pas de rencontrer ce fameux Nestor, glorieux sage de la guerre de Troie. Aphrodite Callipyge, mise à mal par cet honneur, fut revigorée jusqu'au plus profond de sa chair meurtrie par le soleil à l’audition de ce rhapsode à la voix cristalline et paulesque. C’est à la suite de cet épisode que celle-ci reprit le chemin de ces fameux jeux quadriennaux, entourée de son troupeau fidèle et affamé ne tardant pas à savourer pommes de terre écrasées et brochettes. Ils s’établirent ensuite dans l’étable et tombèrent dans les bras de Morphée.

 

Adrien H811

Mycènes 

 

 

 

 

Jour 7 : Olympie

Entre nous, les Grecs ne sont pas très forts pour les desserts, ni pour finir leurs constructions d’ailleurs. Que des ruines, pendant tout le voyage !

 

Vous l’aurez compris : ceci n’est que de l’humour, et je ne peux parler de la Grèce qu’avec amour. C’est donc avec nostalgie que nous avons entamé cette dernière journée sur la terre grecque. Les visages fatigués mais heureux repensaient aux merveilleux moments que nous avions passés, aux rencontres que nous avions faites, aux sourires et aux rires que nous avions partagés. Olympie marquait la fin de notre voyage. Le soleil était au rendez-vous pour une dernière danse. L’âme des athlètes était palpable dans l’air, poussant quelques hypokhâgneux courageux à se lancer dans une course au célèbre stade du berceau des Jeux olympiques. Puis nous nous sommes rendus chez Vénus, qui nous a accueillis en son sein pour un repas fastueux, une manière pour la déesse de l’amour de nous souhaiter bon voyage, elle qui nous voyait repartir le cœur gros et le ventre plein. La route pour le port fut endormie. Même le ciel s’était paré d’un voile grisâtre et le soleil s’était caché, comme tristes de nous voir partir. Nous sommes arrivés patraques à Patras, n’ayant nullement envie de descendre du car. L’attente fut longue, le soleil absent, la pluie s’était invitée pour notre départ. Et il apparut. Le ferry était là, se dressant fièrement dans le port. Il ne nous restait plus qu’à embarquer. Lors du repas, nous avons quitté la Grèce, et j’ose à peine l’avouer, nous avions les larmes aux yeux. Pour autant, nous sommes montés sur le pont pour profiter de la vue, du coucher du soleil et affronter la mer. Comme à l’aller, nous nous sommes livrés à quelques jeux vocaux (karaoké), profitant du mieux possible de notre dernière soirée. La route reste longue avant d’arriver à Lyon. Mais une chose est sûre : ce voyage restera gravé dans les mémoires ; les photos, les souvenirs, les rires, les visites, les repas, les trajets, tout ceci est immuablement ancré en nous .

Remercions ainsi nos professeurs et accompagnateurs pour ce fabuleux voyage.

Efkaristo

Yassou

 

Thomas H811

 

Olympie

 

 

 

 

 

 

 

 


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