Écolo

Amis des Classiques, mettons-nous au vert !

 

Malgré les événements tragiques qui ont secoué la capitale française ces dernières semaines, la très attendue conférence sur le climat – ou « COP21 » – se tiendra à Paris à partir du 30 novembre. Cet événement important, qui réunira près de 200 États, est aussi l’occasion de nous interroger sur le rapport qu’entretenaient les Anciens avec leur environnement.

Il est entendu que le mot « écologie » remonte au xixe siècle, que la climatologie est une science récente et que les spécialistes situent en général les débuts de la crise à la société industrielle – mais faut-il pour autant en déduire que les Grecs et les Romains se souciaient comme d’une cerise du monde qui les entourait ?

Amis des Classiques, retournons aux sources !

 

Car il arrive aux auteurs dont nous disposons, et qui ne sont certes pas les précurseurs de ce que nous nommons aujourd’hui « conscience écologique », de se faire les observateurs attentifs, parfois inquiets, des bouleversements de leur biosphère. Certains constatent les méfaits de la déforestation. D’autres s’interrogent sur les conséquences du développement des villes. D’autres encore s’affolent de la dégradation des eaux, de la pollution des sources, de la salinisation de certaines régions, de la désertification d’autres… Tous, au détour d’une phrase sur l’aménagement des territoires ou sur l’exploitation forcenée des sous-sols, mettent en garde contre l’hybris d’un homme « maître et possesseur de la nature[1]. »

Que l’on lise, par exemple, ce passage de Pline l’Ancien : « Notre imagination, s’élançant dans le vide, calcule déjà quand, dans la suite de tous les siècles, nous aurons fini d’épuiser la terre et jusqu’où pénétrera notre cupidité[2]. »

Ou cet autre de Sénèque, qui met en garde contre les catastrophes naturelles conséquentes à l’exploitation quasi-industrielle des richesses souterraines : « On peut m’accuser de mentir, si l’eau ne se rencontre pas partout où l’on creuse la terre, si elle ne met pas finalement un terme à notre fouille, quand la cupidité nous enterre ou que quelque autre motif nous oblige à pénétrer dans le sous-sol[3]. »

 

Cette semaine dans La Vie des Classiques, nous repartirons à la campagne avec Horace. Nous évoquerons, au détour d’une anthologie, les grands textes de l’Antiquité relatifs à l’idée de nature et à la question de la conscience écologique chez les Anciens. Nous ferons également un tour en Angleterre pour voir si l’herbe y est plus verte. Enfin, nous embarquerons avec Jean-Noël Robert pour un entretien vidéo exclusif autour de la campagne pompéienne.

 

 

 

 

 


[1] Descartes, Discours de la méthode, VI.

[2] Pline l’Ancien, Histoire naturelle, XXXIII, 1.

[3] Sénèque, Questions naturelles, III, 29.