ÉDITO GUERRIER - LE CHOIX DES ARMES

Amis des Classiques, battons-nous !

Médiques, puniques, épiques, sacrées, civiles, des Gaules ou du Péloponnèse : pas un Ancien qui n’ait vécu ou craint la guerre. Comme nous le rappelle l’historien Pierre Ducrey, « rares sont les régions qui restèrent totalement épargnées par les conflits armés ». Hommes libres et esclaves, voire hommes libres devenus esclaves (souvenons-nous des princesses d’Euripide qui, captives de guerre, se retrouvent ballotées aux quatre coins du monde grec et se lamentent de devoir balayer la chambre d’un prince ennemi), chacun connaissait les désastres de la guerre, vivre en paix était l’idéal de certains et le rêve secret de beaucoup.

Pour nous la guerre est loin dans le temps et dans l’espace, même si elle habite notre mémoire. Immédiate ou lointaine, personnelle et intime ou mondiale et collective, elle est toujours une menace qui nous rappelle ce dont les hommes sont capables, pour le meilleur et peut-être surtout pour le pire. Des larmes d’Achille à la soif impériale de Rome, des grandes batailles aux défaites sanglantes, les mots antiques de la guerre nous invitent à nous demander : pour quoi, pour qui nous battons-nous ?

Avec l’Iliade d’Homère, la guerre marque aussi la naissance de l’épopée, une épopée guerrière qui voyage cette année à Lyon jusqu’au Festival européen qui se consacre cette année à l’Iliade. A la guerre de Troie, le vainqueur sans conteste est Homère, combattant aveugle et champion des mots.

Avec la ferveur d’Énée, la fureur d’Ajax, la malice d’Ulysse ou la sagesse d’Artémis, Amis des Classiques, battons-nous !

L'Iliade dans la série du centenaire, à paraître aux Belles Lettres