Édito - Les métamorphoses des classiques

Amis des Classiques, métamorphosons-nous !

 

Une des plus belles inventions de l’Antiquité  est sans doute  l’art de la métamorphose. En plantes, en astres, en animaux ; en pierre, en eau, en feu, en rêve ou en cauchemar, la pensée antique est nourrie de métamorphoses : même le chaos initial, le rien, se change en tout, en nous, le passé se change en futur, le sang, la mort et les larmes en mythes ou en histoires  et les héros d’hier sont les robots de demain. Même la métamorphose se métamorphose : elle irrigue l’imaginaire de toutes les époques, de tous les arts.

Dali - Métamorphose de Narcisse

Pollaiolo - Apollon et Daphné

Portées à l’écran par Christophe Honoré, les métamorphoses reviennent sur le devant de la scène ce mois-ci à l’occasion du festival européen des langues anciennes. Subie ou souhaitée, la métamorphose occupe un espace encore plus grand que le chef-d’œuvre d’Ovide, toujours et encore traduit car elle nous invite non seulement au rêve mais aussi à la réflexion : et si, pour conserver son âme et être fidèle à soi-même, il ne fallait pas précisément changer et se métamorphoser ?

 

A l’heure des projets de réformes et des nouveaux modes d’apprentissage des langues anciennes, Amis des Classiques, en quoi nous métamorphoserons-nous ?