Anthologie — Hébé La Jeunesse

La naissance d’Hébé

Hésiode, Théogonie, texte établi et traduit par P. Mazon, CUF, Paris 2014, p. 65.

 

Il fit enfin d’Héra sa dernière et florissante épouse ; et (920) elle lui enfantait Hébé, Arès, Ilithye, unie d’amour au roi des hommes et des dieux.

 

 

 

 

 

Hébé, échanson des dieux avant d’être remplacée par Ganymède après son mariage avec Héraclès

 

Homère, Iliade, chant IV, texte établi et traduit par P. Mazon, CUF, Paris 2009, p. 91

 

(1) Assis aux côtés de Zeus, les dieux tiennent assemblée sur le parvis d’or. Au milieu d’eux, l’auguste Hébé leur verse le nectar ; eux, l’un vers l’autre, lèvent leurs coupes d’or, en contemplant la cité des Troyens. Soudain, le fils de Cronos tâche à piquer Héré avec des mots mordants ;

 

 

 

 

 

 

Le mariage avec Héraclès

Hésiode, Thégonie, texte établi et traduit par P. Mazon, CUF, Paris 2014, p. 66.

 

(950) Et ce fut Hébé, fille du grand Zeus et d’Héra aux brodequins d’or, que le vaillant fils d’Alcmène aux fines chevilles, le puissant Héraclès, ayant achevé ses gémissants travaux, se donna pour chaste épouse dans l’Olympe neigeux. Héros bienheureux, qui, sa grande tâche (950) accomplie, habite chez les Immortels, soustrait au malheur et à la vieillesse pour les siècles à venir.

 

 

 

 

Pindare, Quatrième Isthmique, texte établi et traduit par A. Puech, CUF, Paris 2003, p 47.

 

(55) C’était le fils d’Alcmène, qui entra dans l’Olympe, après avoir exploré toutes les régions de la terre, tous les abîmes de la mer, aux vagues blanchissantes, aux bords escarpés, et pacifié la route des navigateurs. Maintenant, près de Zeus porteur de l’égide, il réside et goûte la félicité la plus belle, honoré par les Immortels comme un ami qui leur est (60 ) cher, époux d’Hébé, maître d’un palais d’or et gendre d’Héra.

 

 

 

 

 

 

Le pouvoir d’Hébé 

Ovide, Métamorphoses, livre IX, texte établi et traduit par G. Lafaye, CUF, Paris 2008, p. 106.

 

(394) Pendant qu’Iole raconte ce prodige et qu’Alcmène sèche avec son pouce les larmes de la fille d’Eurytus, non sans pleurer elle-même, une autre merveille vient arrêter le cours de toutes leurs tristes pensées ; sur le seuil élevé se dresse, redevenu presque un enfant, les joues couvertes d’un duvet incertain, Iolaüs, qui a retrouvé les traits de ses premières années. Hébé, fille de Junon, (400) lui avait fait cette grâce, vaincue par les prières de son époux ; elle allait jurer que désormais elle n’accorderait plus à personne de semblables faveurs, quand Thémis s’y opposa : « Déjà, dit-elle, Thèbes s’abandonne aux fureurs de la guerre ; Capanée ne pourra être vaincu que (405) par Jupiter, deux frères deviendront égaux quand ils seront frappés à mort et un devin, au sein de la terre entr’ouverte, verra, vivant encore, ses propres mânes ; un fils, vengeant son père dans le sang de sa mère, se montrera à la fois pieux et criminel ; épouvanté de son forfait, privé de sa raison et de sa patrie, il fuira, (410) poursuivi par les regards des Euménides et par l’ombre de sa mère, jusqu’au jour où son épouse lui demandera l’or fatal et où l’épée de Phégée, son parent, sera plongée dans ses flancs. Alors enfin la fille d’Achéloüs, Callirhoé, suppliera le grand Jupiter d’accorder aussi toute la force de l’âge à ses fils encore au berceau ; elle lui demandera de (415) ne pas laisser plus longtemps sans vengeance la mort de son époux victorieux ; Jupiter, touché par ces prières, obtiendra pour eux avant l’heure les bienfaits de sa belle-fille, qui est aussi sa bru, et en fera des hommes dès leur première enfance ». À peine la voix prophétique de Thémis eut-elle ainsi dévoilé l’avenir que des propos divers s’élevèrent au (420) milieu des dieux en rumeur : …

 

 

 

 

 

 

Hébé, l’assistante d’Héra

 

 

Homère, Iliade, chant V, texte établi et traduit par P. Mazon, CUF, Paris 2009, p. 141 sv.

 

Mais Héré, la déesse aux bras blancs, à ce moment les aperçoit massacrant les Argiens au cours de la mêlée brutale. Aussitôt, à Athéné, elle adresse ces mots ailés : « Eh quoi ! fille de Zeus qui tient l’égide, Infatigable ! nous aurons à Ménélas fait une promesse vaine, en lui affirmant qu’il ne s’en retournerait qu’une fois détruite Ilion aux bonnes murailles, si nous permettons au funeste Arès de donner ainsi libre cours à sa fureur. Allons ! souvenons-nous toutes deux aussi, de notre valeur ardente. » Elle dit ; Athéné, la déesse aux yeux pers, n’a garde (720) de dire non. Héré examine et équipe ses coursiers au frontal d’or, Héré, l’auguste déesse, la fille du grand Cronos. De chacun des côtés du char, Hébé vivement met les roues recourbées, les roues de bronze à huit rayons, aux deux bouts de l’essieu de fer. La jante est d’or, inaltérable, mais par-dessus s’adaptent des cercles de bronze — une merveille à voir. Des moyeux ronds d’argent se voient des deux côtés. La caisse est tendue de lanières d’or et d’argent ; une double rampe l’entoure. Un timon d’argent en sort. (730)  À l’extrémité, Hébé attache le beau joug d’or, sur lequel elle place de belles courroies d’or. Puis Héré amène sous le joug ses chevaux aux pieds rapides.

 

 

 

 

 

Lutte entre Hébé et Héra pour le patronage du mois de juin

 

Ovide, Les Fastes, livre VI, texte établi et traduit et commenté par R. Schilling, CUF, Paris 2013, p. 73 sv.

 

(65) Junon avait fini ; je me retournai : l’épouse d’Hercule se dressait devant moi, le visage rayonnant de santé. Elle dit : « Si ma mère m’ordonne de quitter une fois pour toutes le ciel, ce n’est pas moi qui y demeurerai contre le gré de ma mère. Maintenant non plus je ne veux pas me (70) quereller à propos de l’appellation de ce mois : je veux me montrer complaisante, prendre presque le rôle d’une suppliante ; l’objet de mon droit, je préfèrerais le devoir à mes prières : toi-même, peut-être pourras-tu favoriser ma cause. Ma mère occupe le Capitole doré en associée du temple et, comme il se doit, elle règne au sommet avec (75) Jupiter. Toute ma prérogative à moi réside dans l’origine du mois : ce qu’on veut me disputer est mon unique titre de gloire. Quel mal y a-t-il si toi, Romain, tu as donné le patronage du mois à l’épouse d’Hercule et si la postérité s’en souvient ? Cette terre a aussi quelque devoir envers (80) moi, au nom de mon noble époux : c’est ici qu’il amena les bovins capturés ; c’est ici que Cacus, mal protégé par les flammes, un legs qu’il tenait de son père, a teint de son sang le sol de l’Aventin. J’en viens à des faits plus récents : Romulus a réparti son peuple d’après les années d’âge (85) et l’a organisé en deux classes ; l’une est plus apte au rôle de consultant, l’autre à celui de combattant ; l’une a l’âge de conseiller la guerre, l’autre de la mener. Telles furent ses dispositions ; il a distingué selon le même critère les mois : juin appartient aux jeunes gens ; le mois précédent, aux vieillards ». Elle avait parlé ; à force de s’affronter, les deux déesses (90) seraient entrées en conflit et le ressentiment aurait étouffé la piété filiale, quand survint la Concorde, sa longue chevelure ceinte par une couronne de laurier apollinien elle qui est à la fois la divinité et l’œuvre du prince de paix.

 

 

 

 

 

 

 


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