De la distance

Amis des classiques, suivons la voie !

 

Si l’expression « tous les chemins mènent à Rome », n’a pas été prononcée par César ou Cicéron, mais au Moyen-Âge, les Romains appliquèrent leur talent à faire de la Ville le cœur de leur monde en la rendant accessible, construisant le plus formidable réseau routier de tous les temps, dont nous sommes encore tributaires aujourd’hui.

Tous ceux d’entre nous qui ont pesté contre les quelques 900 kilomètres de bouchons nationaux annoncés par un bison futé rouge de colère ou de honte l’ont sans doute fait sur un tronçon de voie romaine ; comme la RN7, la mythique « route des vacances » dont le tracé à partir de Lyon épouse celui de l’antique via Agrippa.

 

Prenons la même route mais, pour éviter les bouchons, partons un peu plus tôt, disons vingt siècles plus tôt, grâce au site Orbis qui permet de calculer le temps de trajet d’à peu près n’importe quel voyage dans l’Antiquité. Avec notre char dernier cri, à 67 km/heure nous aurions mis presque deux semaines pour aller de Lutèce à Massilia et 40 jours avec le char à bœufs familial. Un ambassadeur ou un espion à cheval mettrait 22 jours pour rejoindre Rome, un écrivain voyageur en chaise à porteur 60 jours pour rejoindre Constantinople, un jeune couple d’amoureux désargentés 4 jours à atteindre la côte normande, une légion en marche rapide 9 jours pour gagner Lugdunum. Autant dire que le trajet fait partie intégrante du voyage. 

Voilà qui donne à rêver — sauf pour le conducteur qui de tout temps la route devra regarder—, mais aussi, littéralement, à mesurer ce que nous devons à l’Antiquité.

Amis des classiques, suivons la voie, la voie romaine !