E Turcicis comitiis praeses Erdogan victor evadit

Die Lunae secundo mensis Novembris.

Cum die decimo mensis Octobris territores, qui rem suam nefandam gesserant pro Re publica Mahumetana, Ancyrae prope stationem ferriviariam cruentissimam stragem patrassent in populi concursum a sinistris partibus, illius Erdogan adversariis, ordinatum, ut vexationes in Corduenos factiosos magis magisque insaevientes reprehenderentur, iis qui rebus novissime gestis intendunt magna dubitatio adferebatur, eodem pacto quo Marco Tullio Ciceroni, in prima oratione quam paene ab adulescente pro Quinctio habuit Sylla dictatore : quibus hominibus scelus magis usui futurum esset ?

Ita enimvero rogavimus, sicut ille praeclarus orator : Cui bono ? Utrum victimis an rerum potitori ?

Nempe iam inde a die Solis habemus responsum : comitiis iterum habitis, quippe prioribus, mense Junio factis, non tam multis sui fautoribus inter legum scriptores in coetu rei publicae gerendae uteretur ut posset facile Turciam gubernare, plenam victoriam pepererunt Erdogan eiusque partes. Turcae cives, ut patet, calculum suum ei adjecerunt qui in tanto discrimine rerum plurimum posse videretur, cujus rei historia rerum gestarum permulta exempla praebet, imprimis duobus saeculis praeteritis; ad quod accedit ut victor horum comitiorum quasi medium justum appareat inter duas factiones extremas, Corduenorum qui suo iure fieri adfectant et Rem Publicam Mahumetanam, quibuscum ambobus Erdogan pugnavit, quamvis cum illis multo ferocius. Principi obtemperandum in omnibus. (Erasmi Adagium 153.)

 

 

Le président Erdogan remporte les législatives turques.

Lundi 2 novembre 2015.

Le dix octobre, des terroristes agissant pour le compte de l'Etat Islamique avaient commis, près de la gare d'Ankara, un attentat extrêmement meurtrier contre une manifestation organisée par la gauche turque, adversaire d'Erdogan, pour protester contre les violences croissantes commises contre les rebelles kurdes. Ceux qui s'intéressent à l'actualité étaient perplexes. Cette perplexité était aussi celle de Cicéron, à l'aube de sa carrière d'avocat, quand il prit la défense de Quinctius, sous la dictature de Sylla : de qui ce crime servirait-il les intérêts ?

Oui, comme l'illustre orateur, nous nous sommes démandés : à qui tout cela profite-t-il ? Aux victimes ou au pouvoir en place ?

Eh bien, depuis dimanche, nous avons la réponse. A l'issue des secondes législatives turques, les premières, aux mois de juin, n'ayant pas donné à Erdogan et à son parti la majorité nécessaire pour gouverner la Turquie, ceux-ci, cette fois, ont remporté une large victoire. Les citoyens turcs, à l'évidence, ont apporté leur suffrage à la force toujours rassurante en temps de crise. L'histoire en fournit de nombreux exemples, surtout durant les deux derniers siècles. Au demeurant, le vainqueur se présente comme le juste milieu entre deux extrêmes, les Kurdes indépendantistes et l'Etat islamique, qu'il a tous deux combattus, quoique, s'agissant des premiers, avec beaucoup plus de rigueur que les seconds. Principi obtemperandum in omnibus. (Erasme, Adage 153.) 

 


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