Edito - Atra Pestis

Amis des Classiques, résistons !

Pendant un temps, pendant un temps seulement, nous ne publierons plus de nouvelles chroniques afin de vous proposer, le plus souvent possible, les plus belles pages du site pour vous faire rire, rêver, méditer, vous évader de cette temporalité aux allures de boa constrictor que nous vivons en ce moment.

Contre la page blanche et blême du confinement où seuls les points d’interrogation sont lisibles, nous vous offrons les mots magiques des Anciens qui, frères humains en crainte comme en courage, en force comme en faiblesse, au-delà de l’angoisse et des épreuves sont parvenus jusqu’à nous.

Commençons sur le rivage troyen, au chant XV de l’Iliade, avec les soldats achéens qui, comme les marins et comme beaucoup d’entre nous, sont terrifiés par l’immense vague qui s’apprête à déferler sur eux :

La nef entière disparaît sous l’écume ; le souffle affreux du vent gronde dans la voilure et les marins, frémissent, épouvantés : c’est de bien peu qu’ils esquivent la mort ! Ainsi, dans leur poitrine, est déchiré le cœur des Achéens […]

Tous tiennent bon, groupés comme un rempart, comme un roc escarpé, puissant, au bord de la blanche mer où il subit le vif assaut des vents sonores et des lames énormes qui déferlent sur lui. Tout de même, les Danaens tenaient bon.

Amis des Classiques, résistons, résistons et portons-nous bien !

Iliade File:Siren Painter ARV 289 1 Odysseus and the Sirens - three erotes (04).jpg Pensées pour moi-même