Edito - Chronophages vs chronophiles

Amis des classiques, à vos chronos !

 

Quand Kronos (Saturne pour les Romains), l’abominable Titan qui dévore ses enfants, s’est-il confondu avec Chronos, le Temps personnifié ? La réponse se perd dans un temps que les moins de 2000 ans ne peuvent pas connaître, car la méprise était déjà monnaie courante durant l’Antiquité. L’erreur comme souvent s’est avérée féconde, voire géniale : le temps nous dévore et nous nous plaignons d’être à notre tour dévorés par les terribles activités « chronophages ».

 

Naturellement, plus nous essayons de le retenir, de le segmenter et de le chronométrer, plus Chronos se fait fuyant. Que l’on compte en lustres, en lunes ou en décades, en J – ou en après J.-C., depuis la création du monde ou depuis la fondation de Rome, la chronologie des événements est un casse-tête. Mêmes les plus grands poètes grecs demandent de l’aide en invoquant Mémoire, voire des aèdes, capables de mémoriser des épopées entières. Les Romains quant à eux n’hésitaient pas à s’appuyer sur des colonnes et à graver dans le marbre leurs hauts-faits. Ils venaient d’inventer la frise chronologique. Ce merveilleux outil pédagogique n’a qu’un seul défaut : il mesure trente mètres de haut et peut difficilement se transporter dans une salle de classe ou chez soi.

 

Amis des Classiques, grâce à notre nouvelle exclusivité, venez voyager dans la Rome de Suétone, pleine de chair, de sève et de sang !  Impérialement illustrée par Djohr, cette frise chronologique vous permettra d’explorer d’un coup d’œil deux cents ans d’histoire, de la naissance de César à l’assassinat de Domitien.

 

Amis des Classiques, domptez Saturne et devenez en douceur un champion des dates :

Amis des Classiques, à vos chronos !