Ides de Mars

Logo Édito Singe Bleu  Amis des Classiques, rendons à César ce qui est à César !

 

Si les ides, le milieu du mois, existaient bien avant le calendrier julien (Varron en donne comme origine l'étrusque itus ou le sabin idus, qui signifient « division »), c’est bien à César à qui l’on doit, outre le mois de juillet, de les avoir rendues célèbres jusqu’à nos jours.

 

Quelques jours avant le milieu du mois, le devin étrusque Spurinna aurait murmuré à l’oreille du chef d’État méfie-toi des ides de mars, donnant, comme dans le meilleur esprit du film d’anticipation Minority Report, la date exacte de l’assassinat à sa victime. Peut-être César était-il trop occupé par quelque réforme ou bien ne croyait-il que modérement en la lecture dans les foies, ayant davantage foi en l’interprétation des astres : quelques semaines auparavant une comète de type particulier, acontie, à la queue longue et étroite, comme un javelot, avait annoncé la venue subite d’un grand événement, mais c’était plutôt aux membres du complot de s’en réjouir. C’est une autre comète, que César ne put admirer, qui lui était en réalité propice. Si blanche et si lumineuse qu’elle était visible même de jour, elle traversa le ciel de Rome quelques années plus tard. Auguste y vit la présence de son défunt et divin parent et fit bâtir, en plein forum, un temple de la comète en l’honneur de César. Chaque année au moment de son anniversaire quelques fidèles viennent y déposer un hommage. 

 

Amis des Classiques, admirateurs ou détracteurs de César, rendons-lui au moins d’avoir frappé les imaginaires et admirons, de la sauce aux anchois aux chefs-d’œuvre du cinéma et de la littérature, en passant par les playmobils, les incroyables métamorphoses de César : Sic itur ad astra !