Plutarque — Vie d’Antoine

 

 

Si Antoine (83-30) a su se faire aimer de Cléopâtre, de ses pairs il fut détesté. Cicéron par exemple n’a pas de mot assez vil contre lui, comme l’attestent les virulentes Philippiques tout entières consacrées à la critique du tribun de la plèbe, l’accusant d’avoir conduit à la guerre civile et faisant de lui un ennemi public, avant de finir assassiné par cet ennemi. Si Plutarque a des jugements plus modérés, c’est un contre-modèle qu’il entend présenter, rappelant que :  « Nous pensons qu’il n’est peut-être pas plus mauvais d’introduire parmi les modèles exemplaires que présentent nos Vies une ou deux paires de ces hommes qui se sont conduits de façon trop inconsidérée et dont les vices ont été rendus éclatants par la grandeur du pouvoir qu’ils ont exercé et des affaires qu’ils ont dirigées ». Ambigu face à Jules César, ennemi déclaré d’Auguste, il est à l’origine de la fameuse bataille navale d’Actium qui se solde par un échec retentissant de sa flotte. Il abandonne ses soldats pour rejoindre Cléopâtre à côté de laquelle il se donnera la mort.

Personnage d’exception dans une période exceptionnelle, Marc Antoine sous la plume de Plutarque n’en est pas moins humain et touchant.

 

Biographe et philosophe grec, Plutarque (c. 45 – 125 ap. J-C.) nous a légué une oeuvre importante, où la philosophie et la biographie occupent une place de choix. Nous possédons de lui les Œuvres morales, un ensemble varié de traités et de dialogues consacrés à des questions de philosophie morale (d’où le titre de l’ensemble), mais aussi à des sujets littéraires, politiques, scientifiques, religieux. C’est aussi en moraliste que Plutarque s’est intéressé à la vie des hommes illustres : ses Vies parallèles sont un immense recueil de biographies de grands hommes de l’histoire, présentées presque toutes par paires (un Grec étant mis chaque fois en parallèle avec un Romain). D’une érudition prodigieuse, l’œuvre de Plutarque est un trésor de connaissances, de faits et d’idées. Dès l’Antiquité, elle a exercé une influence considérable, et parmi les très nombreux esprits que Plutarque a marqués on relève Shakespeare, Montaigne ou encore Rousseau. Au-delà de leur portée philosophique, ses œuvres sont une mine de renseignements pour tous ceux qui s’intéressent à la civilisation gréco-romaine.

 

Françoise Frazier est professeur de grec à l’Université Paris-Ouest. Aux Belles Lettres dans la même collection, on lui doit de Plutarque, Sur les Délais de la justice divine (2010) et Erotikos (2008). Elle a aussi établi, traduit et annoté le traité 46 des Propos de Table de Plutarque pour la CUF.

 

 

 

Les Belles Lettres, Paris

Paru le 20 février 2015

Introduction et annotations de Françoise Frazier

Édité et traduit par Emile Chambry (1864 - 1938), Robert Flacelière (1904 - 1982)

Collection : Classiques en poche

Nb de pages : 250

Type d'édition : Édition bilingue

ISBN-10 2-251-80231-2

ISBN-13 978-2-251-80231-2

Format : 11 x 18 x 1,8 cm

Prix : 13,50 euros