Remedia Morbis - V. Anthologie de textes contre les brûlures

Remèdes contre les brûlures

 

Anthologie de textes

 

Tous les quinze jours, Nicola Zito vous invite à découvrir les remèdes médicaux les plus curieux des Anciens, entre science, magie, astrologie et superstition. Libre à vous de les expérimenter !

1. [Sénèque], Hercule sur l’Oeta, v. 1218-1232.

Les héros pleurent aussi

Hélas, quel Scorpion, quel Cancer arraché à la zone torride se sont fixés dans mes moelles et me brûlent intérieurement ? Ce foie qui jadis était plein d’un sang ardent qui le gonflait et les lobes calcinés de mes poumons sont distendus par lui ; mon foie est brûlé ; son fiel s’est desséché et une chaleur subtile a peu à peu tari tout mon sang. Après avoir dévoré ma peau, le mal a pénétré dans mon corps, le poison a dévoré mes flancs, rongé jusqu’au fond mes membres et mes côtes, bu mes moelles ; il se tient à présent dans mes os qu’il a vidés et mes os eux-mêmes ne résistent pas ; leurs jointures craquent et ébranlent leur masse : ils se dissolvent et tombent. Mon immense corps, <anéanti>, n’offre plus d’aliment à la virulence du poison et les membres d’Hercule ne lui suffisent pas ! Combien doit être grand ce mal pour que j’en avoue la grandeur ! ô affreux malheur !

 

Sénèque, Tragédies. Tome II, texte établi et traduit par L. Herrmann, Paris, 1926, p. 181.

 

2. Pline l’Ancien, Histoire Naturelle, XXVI, 129.

Remèdes d’origine végétale contre les brûlures

On guérit les brûlures avec le plantain, avec l’arction, et de façon si parfaite qu’il ne reste pas de cicatrice – on applique les feuilles de cette plante bouillies dans l’eau et pilées, - avec la racine de cyclamen, la grande joubarbe et l’hypericon que nous avons appelé corissum.

 

Pline l’Ancien, Histoire Naturelle. Livre XXVI, texte établi, traduit et commenté par A. Ernout et R. Pépin, Paris, 1957, p. 61.

 

3. Pline l’Ancien, Histoire Naturelle, XXVIII, 235-236.

Remèdes d’origine animale contre les brûlures/1

Sur les brûlures, on applique de la graisse d’ours avec des racines de lis, de la fiente de sanglier ou de porc desséchée, la cendre de leurs soies arrachées aux pinceaux qui servent à badigeonner les murs pilée avec de la graisse, la cendre de l’osselet du bœuf avec de la cire et de la moelle de cerf, le fiel de taureau, les crottes de lièvre et de chèvre. On dit que la colle guérit les brûlures sans laisser de cicatrices. La colle la meilleure se fabrique avec les oreilles et les parties génitales du taureau, et rien n’est plus efficace pour les brûlures, mais rien aussi ne se falsifie autant, avec n’importe quelles peaux desséchées et même des souliers bouillis. La colle de Rhodes est la plus pure ; aussi est-ce celle dont se servent les peintres et les médecins ; plus elle est blanche, meilleure est-elle ; on rejette celle qui est noire et ligneuse.

 

Pline l’Ancien, Histoire Naturelle. Livre XXVIII, texte établi, traduit et commenté par A. Ernout, Paris, 1962, p. 104.

 

4. Pline l’Ancien, Histoire Naturelle, XXX, 109.

Remèdes d’origine animale contre les brûlures/2

Quant aux brûlures on les soigne avec la cendre d’une tête de chien, de la cendre de loir dans de l’huile ; de la fiente de brebis avec de la cire ; de la cendre de rats, celle aussi d’escargots, qui ne laisse même pas de cicatrices ; de la graisse de vipère ; de la cendre de fiente de pigeon appliquée avec de l’huile.

 

Pline l’Ancien, Histoire Naturelle. Livre XXX, texte établi, traduit et commenté par A. Ernout, Paris, 1963, p. 61.

 


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