Un extrait de la Bibliothèque mythologique idéale

Aujourd'hui vient de paraître la Bibliothèque mythologique idéale aux éditions Les Belles Lettres, écrite par Laure de Chantal et Jean-Louis Poirier. En exclusivité, en voici un extrait :

 

Un jour peut-être avez-vous gravé sur le tronc d’un arbre le nom de celle ou de celui que vous aimiez. Les Anciens le faisaient sans doute aussi, mais, en plus, ils voyaient dans chaque arbre, chaque fleur, chaque étoile, le souvenir des amours des dieux et des hommes, des guerres et des tourments qu’elles causèrent et des nouvelles générations qui les suivirent. La mythologie est avant tout cela, un souvenir d’amour. Elle est aussi une ode à la nature, à sa puissance de vie, fascinante, terrifiante, immortelle et donc divine pour les Anciens qui divisaient le monde entre ce qui meurt et ce qui continue, mortel et immortel, ceux qui meurent et ceux qui continuent, les hommes, les dieux, les mortels et les Immortels. Mais cette immortalité n’était que temporaire. Elle s’éteint à la lenteur de l’univers, longuement, inlassablement. De génération en génération, des temps divins aux temps héroïques puis enfin aux temps historiques, le divin s’étiole, les dieux laissent le monde aux hommes, le mythedoucementestremplacéparl’histoire,celle-ciétant « la continuation des mythes par d’autres moyens ». Parce que le mythe raconte le vivant, la « science » qui étudie les mythes, la mythologie, les organise par générations. La mythologie est une sorte de grand album de famille qui commence avec le Chaos initial et s’achève au retour des Héraclides, les enfants d’Héraclès. Et c’est cet album que nous vous proposons de feuilleter.
Une Bibliothèque idéale, s’agissant de la mythologie grecque et romaine, devrait être une bibliothèque infinie, comme celle de Babel qui, nul ne l’a oublié, n’avait pas de toit. Il y souffle à l’intérieur un vent propre à tout emporter. Et presque évidemment, elle doit, elle aussi, être infinie à sa façon, puisqu’il s’agit d’y rassembler des livres, ou des écrits, appelés à recueillir une voix qui les submerge absolument. Voilà une bibliothèque où les livres doivent rapporter des choses qui ne sont pas dans les livres, à l’exemple de celle d’Apollodore qui, selon Photius, commençait son recueil par ces mots : « La succession des siècles, tu peux la puiser de mon érudition et tu peux connaître les fables anciennes. Ne va pas voir dans les pages d’Homère, ni dans l’élégie, ni chez la Muse tragique, ni dans la poésie mélique et ne cherche pas dans l’œuvre sonore des cycliques, mais regarde en moi et tu trouveras en moi tout ce que contient le monde. »


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