Un pas en avant, un pas en arrière

Amis des Classiques, soyons résolus !

 

En début de chaque année, les habitants de la Rome antique avaient pour coutume de rendre hommage au dieu Janus en lui portant des libations et en lui adressant des vœux. Dieu bifrons, qui a donné son nom à notre mois de janvier, Janus est le protecteur des seuils, des ponts, des portes et des commencements. En un mot : le dieu des résolutions.

Mais il est aussi celui qui, ne cessant de se projeter en avant, garde un œil (et même deux) vers l’arrière :

 

Dieu à double visage, c’est de toi que part l’année pour s’écouler sans bruit ; toi qui, sans tourner la tête, vois ce que nul autre dieu ne peut voir, montre-toi propice aux chefs dont l’active sollicitude donne le repos à l’Océan et la sécurité à la terre, qui nous prodigue ses trésors ; montre-toi propice à tes sénateurs, au peuple romain, et, d’un signe, serre les portes de ton candide sanctuaire[1].

 

 

Janus bifrons (musée du Vatican)

 

 

Amis des Classiques, en ce début d’année propice aux échanges de résolutions, ne formons d’autre vœu que celui de rester semblables au dieu protecteur des portails : un visage projeté vers l’avenir, l’autre tourné vers le passé.

 

Sur notre portail en 2016, nous continuerons donc de questionner le rapport entre Antiquité et modernité. Nous nous poserons par exemple les questions : quelle est la dette des jeux vidéo envers les mythologies classiques ? Quel est le lien entre Lucien de Samosate et l’invention de l’iPhone ? Nous verrons aussi qu’en matière de gadgets futuristes, l’imagination des Anciens n’avait rien à envier à celle des scénaristes d’aujourd’hui.

Une équation dont il est décidément bien difficile de trouver… la résolution.

 

 

 


[1] Ovide, Fastes, I, 65-70