Les dieux sont parmi nous - Balance ton satyre n°4 : Hypermestre, la Danaïde innocente

La chronique Les dieux sont parmi nouspointe la « survie » des dieux, des héros et des mythes de l’Antiquité, dans les domaines les plus variés de la vie quotidienne, de la culture populaire, de la publicité, du cinéma, de l’art moderne, de la bande dessinée, de l’urbanisme, de la technologie ou de la science (astronomie, médecine)...

Comme nous le disions, les cinquante Danaïdes sont meurtrières à 96 %. Amymoné n’a tué personne. Hypermestre non plus. Ainsi parlait le Titan Prométhée, selon Eschyle (ou un autre poète empruntant son nom) :

« Une seule, enivrée du désir d’être mère, se refusera à tuer le compagnon de son lit et laissera s’émousser sa volonté. Entre deux maux elle choisira d’être appelée lâche plutôt que meurtrière. Et c’est elle qui, dans Argos, enfantera une lignée royale... » Le prétendu Apollodore ajoute : « Hypermestre épargna Lynkeus parce qu’il avait respecté sa virginité. Ainsi Danaos la fit enfermer et tenir sous bonne garde. » À son procès, Hypermestre fut défendue par Aphrodite et l’histoire finit bien pour elle.

Voici donc la nouvelle version, selon un papyrus depuis peu découvert dans le coffre-fort d’une bibliothèque universitaire suisse :

« Un comble : Hypermestre poursuivie en justice ! La violence des fils d’Aegyptos s’est terminée dans un bain de sang, un meurtre de masse. Une seule de ces filles a désobéi à son père, parce que de toutes façons elle voulait un bébé. C’est elle qu’on traîne au tribunal, sous les insultes de ses sœurs : ‘traîtresse, lâche, complice des violeurs !’ Elles voulaient même la tondre en public avant de la pendre. Le marchand de légumes qui maudissait les criminelles a changé d’avis depuis que leur père est au pouvoir : il crache sur la princesse. Son épouse en revanche, qui approuvait le meurtre, s’attendrit maintenant sur la fiancée amoureuse.

Le survivant, Lynkeus, l’avait respectée, et finalement ils s’étaient aimés ; il s’est enfui dans les montagnes où il attend sa vengeance. La princesse a été défendue par une avocate d’une étrange beauté, dont la voix divinement suave serait capable de persuader les tigres les plus féroces et les tapis les plus sourds. C’est donc l’Amour qui a le dernier mot : un jour prochain, les mariés se retrouveront, ils s’aimeront. Ils seront le roi et la reine. La pluie de Zeus fera reverdir les champs, et dans les prés, les chevreaux heurteront leurs cornes naissantes. »


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