Remedia morbis - I. Anthologie de textes contre l'infidélité des femmes

Tous les quinze jours, Nicola Zito vous invite à découvrir les remèdes médicaux les plus curieux des Anciens, entre science, magie, astrologie et superstition. Libre à vous de les expérimenter !

 

I.

Trois remèdes contre l’infidélité des femmes

 

Anthologie de textes

 

1. Ptolémée, Tétrabible, III, 15, 10

De la mauvaise influence des signes et planètes féminines…

Si les luminaires (le Soleil et la Lune) sont seulement en lieux féminins (dans les signes zodiacaux féminins), les femmes seront extrêmement lascives et les hommes, contre leur nature, lâches et efféminés. Si Vénus est aussi féminine (dans un signe zodiacal féminin), les femmes seront tout à fait adonnées à l’amour, adultères, paillardes et n’ayant point honte de se prostituer, de quelque façon, ni avec qui que ce soit. Les hommes seront lâches, lascifs et enclins à souffrir promptement les choses qui semblent plus convenables aux femmes, mais cela secrètement et en cachette.

Ptolémée, Manuel d’astrologie. La Tétrabible, Paris, Les Belles Lettres, 1993, p. 191

 

2. Maxime, Des initiatives, v. 82-95

Il vaut mieux éviter un mariage quand la Lune est dans le signe du Taureau

Si c’est le même chemin que les filles d’Atlas (les Pléiades) qu’elle parcourt, ou si c’est dans les Hyades de Méonie qu’elle se manifeste — celles qui s’avancent sur le Taureau de Sidon, dont les cornes sont grandes et les mugissements profonds — et que tu te disposes à conduire chez toi une fiancée — les bras chargés de cadeaux, la volupté dans ses yeux noirs — c’est une joie pour tes voisins cruels que tu épouses là, avec ta couche orageuse, à partager avec des inconnus, car elle ne saurait se contenter des étreintes d’un seul homme, la femme épousée en ces jours-là, pas même si elle était douée de la constance admirable de la fille d’Icarios (Pénélope), ou d’Évadné, épouse de Capanée, ou de la fameuse Arsippé (Alceste), ou de Laodamie elle-même qui toujours pour son époux… (le texte de Maxime comporte ici une lacune). Toutes les bonnes mœurs des femmes, en effet, elle les disperse, la fille de Théia aux cheveux d’or (la Lune), quand elle est montée sur le Taureau.

Maxime, Des initiatives, texte établi, traduit et annoté par N. Zito, Paris, Les Belles Lettres, 2016, p. 6.

 

3. Pseudo-Plutarque, Sur les fleuves, 5, 2

Mieux vaut prévenir que guérir…

[Le fleuve Phase, en Scythie] donne naissance à un jonc appelé leucophylle (feuilles blanches). On le trouve pendant la célébration des mystères d’Hécate, au point du jour, sous le coup d’une frénésie que Pan inspire, aux alentours du début du printemps. Les hommes jaloux le récoltent pour en parsemer l’entour de la chambre des jeunes filles et gardent ainsi leur union pure de tout bâtard.

Pseudo-Plutarque, Nommer le monde. Origine des noms de fleuves, de montagnes et de ce qui s’y trouve, traduit présenté et annoté par Ch. Delattre, Villeneuve d’Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2011, p. 97-99.

 

 

4. Cyranides hermétiques, II, 5, 7

De l’utilité et des emplois de la grenouille

La grenouille est un animal connu de tous. Si on lui coupe la langue et qu’on la relâche vivante secrètement, puis qu’on écrive sur la langue chouoch odamenof, et qu’on la pose sur la poitrine d’une femme endormie, elle te dire tout ce qu’elle a fait pendant sa vie.

F. De Mély, Les Lapidaires de l’antiquité et du Moyen-Âge, tome III, Paris, Ernest Leroux, 1902, p. 76 (modifiée).

 

5. Lapidaire orphique, v. 316-324

Que celui qui n’a jamais péché jette la première… pierre de magnésie !

Je t’invite à vérifier si ta femme garde purs et sa couche et son corps du contact d’un autre homme. Apporte-lui la pierre, cache-la sous son lit, tes lèvres fredonnant doucement un air qui charme les mortels. Quoique plongée encore dans les plaisirs du sommeil, elle tendra vers toi les bras et voudras t’embrasser. Mais si l’Aphrodite divine la tourmente de désirs impudiques, elle tombera sur le sol, allongée tête première.

Les Lapidaires grecs, texte établi et traduit par R. Halleux et J. Schamp, Paris, Les Belles Lettres, 1985, p. 99.


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